Twitter démocratique

Pourquoi, en tant que webdesigner, faire des articles concernant Twitter ? Parce que Twitter est aussi un site web, créé par des webdesigners, des développeurs web, des graphistes. Et Twitter est aussi une arme de communication au sein de notre « démocratie », utilisée par les partisans du gouvernement et les manifestants contre la réforme.

Quand je vois ce qui se passe sur Twitter, je me dis que nous avons un pouvoir et des responsabilités énormes. Et qu’il est important, pour moi, de garder un oeil attentif sur ce qui se passe sur ce genre de plateformes. Avec le doux rêve que nous puissions créer un internet plus serein.

C’est pourquoi aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’une affaire récente dont j’ai pu observer les affres sur le réseau social à l’oiseau bleu.

Rappel des faits

Une vidéo montre un extrait d’une des dernières manifestations contre la réforme des retraites. Un policier frappe violemment un manifestant à terre, qui est déjà maîtrisé et plein de sang. Cette vidéo a fait beaucoup de bruit du côté des gens souhaitant dénoncer les violences policières, en tant que nouvelle preuve de débordements des forces de l’ordre.

Mais la version de la police est tout autre.

Pendant une manifestation contre la réforme des retraites, un manifestant, maîtrisé par un membre des forces de l’ordre, a craché du sang dans la bouche du policier qui le retenait, en lui disant qu’il avait le SIDA et que le policier allait mourir. Ce dernier l’a alors frappé.

Twitter s’embrase

Loin de moi l’idée de prouver quel côté a tort ou raison. Ce n’est pas mon rôle et je risquerais de tomber dans le piège… Quel piège ? Attendez, vous allez voir.

Twitter s’empare de l’affaire et s’embrase à coups d’hastags. Je vais vous résumer les différentes prises de positions. Là encore, essayons d’éviter de juger les torts et les raisons. Si mon avis transparaît, je m’en excuse. Je vais essayer d’éviter ça.

  • Le manifestant a craché du SIDA sur le policier. Cela équivaut à une attaque mortelle. Le policier a eu raison de se défendre.
  • Le policier est humain, on lui dit ça, il a peur pour sa vie, c’est normal.
  • Révisez les modes de transmission du SIDA, parce que tant d’informations erronées sur la maladie c’est effrayant.
  • Si le manifestant a pu cracher du sang sur le policier, c’est que quelqu’un l’avait fait saigner au départ.
  • Mais le policier a des protections ! Comment ça a pu se produire ? Et pourquoi il n’est pas parti se laver directement après les faits ?
  • C’est encore un mensonge pour justifier les violences policières, et des vidéos avec différents angles le prouvent.

Cette affaire pose plein de problèmes mais restons dans le domaine du web.

Une attaque contre les personnes porteuses du virus et un manque de connaissances effrayant

Beaucoup d’informations ont circulé sur le virus du SIDA à cette occasion. Et beaucoup d’informations fausses. 

L’éducation, un enjeu de santé publique

Le SIDA fait peur aux gens. Faire circuler de fausses informations à ce sujet, c’est porter atteinte aux personnes qui ont ce virus et augmenter la discrimination à leur égard. De plus, c’est aussi faire prendre des risques à tous. Ne pas connaître les modes de contamination empêche de prendre les précautions nécessaires. Et un manque de connaissances flagrant à ce sujet à notre époque soulève quelques interrogations. Comment expliquer ça ? Qu’est-ce qui a raté ? Il me semble, et là c’est tout à fait personnel, qu’il faut aller jeter un oeil du côté de l’éducation. L’éducation est censée nous jeter dans le grand bassin de la vie sans ceinture, sans frites, et avec toutes les armes nécessaires pour nager dans ces eaux.

Apprendre à tout le monde le fonctionnement de ce virus est un enjeu de santé publique. Une bonne connaissance de ce sujet permet d’éviter les contaminations, pour créer un futur où ce virus n’existera plus. Il est donc important que tout le monde ait accès à ces connaissances. 

L’éducation pour connaître son corps

Parler du SIDA c’est aussi parler de la sexualité humaine. Et il semblerait que là aussi, il y ait des manques de connaissances. Pour résumer et éviter d’écrire un article à ce sujet (quoi que… Je pourrais sûrement trouver un moyen de rattacher ça au monde du web), pensez à tous ces problèmes de localisation du clitoris, « petit » truc qui semble si difficile à trouver. Ou encore, le fait que personne ne nous donne de mode d’emploi clair et précis pour exploiter pleinement toutes les possibilités de cette zone (notons tout de même que le web est en train de le créer, ce mode d’emploi !). Dernier exemple, notons aussi le fait que les femmes sont obligées de laver leur partie intime alors que ces dernières sont autonettoyantes.

Il y a donc un gros problème côté éducation, et il va falloir y remédier rapidement.

Émotions collectives partagées

J’ai pris le temps de lire beaucoup de tweets rangés dans les hashtags liés à cette affaire et cette manifestation. 

Étant hypnotiseuse, je ne peux que remarquer un point très important. Tous ces tweets soulèvent des émotions. Et ces émotions sont visibles dans les tweets, et les réponses des gens aux tweets.

Et je peux aussi relier ça au webdesign. Nous créons des sites web pour passer des messages. Ici, tous ces tweets ont véhiculé des messages émotionnels. Et des émotions très fortes.

Pourquoi ?

Pour répondre, je vais m’appuyer sur mon expérience en hypnose. Ainsi, ce texte va donc être clairement subjectif et teinté de mes propres biais. Prenez-le donc avec toutes les pincettes que vous désirez. Il me semble néanmoins important de vous partager cet avis, au vu de mon expérience.

Le cerveau a une zone émotionnelle et une zone rationnelle. Sans rentrer dans des points précis de neuroscience, parce que ça peut être compliqué, rappelez-vous que vous êtes capable de réfléchir et de ressentir des émotions. Ces capacités se trouvent à des endroits précis dans notre cerveau. Lorsque ce dernier ressent une émotion très forte, il éteint la zone qui réfléchit. Imaginez votre maison (ou appartement, qu’importe). Il y a un problème électrique dans la cuisine, l’électricité dans toute la maison s’éteint, par sécurité. Comme dans votre cerveau, lorsqu’il éteint la raison. Et c’est pratique. Cela nous permet de survivre, aussi étonnant que cela puisse paraître. Pour vous donner des éléments supplémentaires pour faire des recherches sur ce sujet, si cela vous intéresse, c’est aussi ce qui se passe chez les victimes d’agressions, notamment les victimes de viol.

Pourquoi éteindre notre raison ?

Pour notre cas, Twitter, à quoi cela peut-il servir ? Alors bien entendu, notre problème n’est pas aussi extrême qu’une agression, évidemment. Mais le mécanisme s’en rapproche. Mettez trop d’émotions fortes, cela empêche la zone de la raison de travailler. Pourquoi saturer notre cerveau de cette manière ?

Nous avons la vidéo d’un manifestant en sang, frappé par un policier. Vidéo reprise par les gens contre les violences policières.

La police dit que le policier s’est défendu face à la menace du SIDA.

Déferlement d’émotions fortes sur Twitter. Le centre du raisonnement de notre cerveau s’éteint.

Sur quoi ne devons-nous pas réfléchir ?

Qu’est-ce qui se passe ?

Pensez-y lors de votre prochain tour sur les réseaux sociaux…

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