Twitter anxiogène : la propagation du virus de la peur

Cette semaine, je vais encore vous parler de Twitter ! Pourquoi ? Parce que c’est un formidable outil pour prendre le pouls du monde grâce à ses tendances. Et là, la tendance c’est d’avoir peur du coronavirus.

I. Twitter, un outil de communication de masse

Je vous en avais déjà parlé dans d’autres articles. Les réseaux sociaux ont un pouvoir immense et je ne sais pas si leurs créateurs avaient imaginé que leurs outils puissent servir à tout ça aujourd’hui.

C’est encore pire sur Twitter, selon moi et mes propres biais cognitifs. Tout le monde a peur du coronavirus donc toutes les tendances sont envahies par le virus chinois. Vous vous connectez sur Twitter et la peur apparaît sur votre droite, dans votre champ de vision.

Mais ce phénomène transparaît aussi sur les autres réseaux sociaux, comme Facebook. Les informations pêchées sur le site de l’oiseau bleu fuitent tranquillement sur Facebook. Comme le virus, les informations anxiogènes contaminent tous nos espaces.

II. Mais quel est le problème ?

Le problème est la peur ambiante qui contamine tout le monde, beaucoup plus vite que le coronavirus. Et pour ce virus-là, cette peur, personne ne prend les comptes pour noter les dégâts. En plus, tous les médias tendent à relayer cette frayeur afin de l’alimenter et de l’embraser encore plus. Mais, restons sur Twitter, parce que c’est la pire maison hantée :

Transmissions d’informations potentiellement fausses

Ces fake news sont particulièrement redoutables et se cachent aussi bien qu’un coronavirus ne provoquant pas encore de symptômes. Sur la toile de l’oiseau bleu, une quantité monstrueuse de vidéos circulent, montrant des images apocalyptiques, renvoyant des données effarantes. Est-ce vrai ou faux? Est-ce que le gouvernement nous ment ? Depuis les récentes affaires, comme l’incendie de l’usine de Lubrizol, la population semble avoir du mal à croire les paroles rassurantes de ses dirigeants. À leur décharge, sans pour autant les soutenir ni être partisane de leurs actions, une parole rassurante fait difficilement le poids face à une vidéo de gens qui meurent à cause de ce virus.

L’instinct de survie et l’émotionnel ont plus d’impact dans nos cerveaux. Mais nous faisons face à un gros problème : qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? Devons-nous croire l’OMS et ses bulletins réguliers ou les vidéos montrant des hôpitaux croulant sous les cadavres et les médecins éplorés ?

Informations qui tournent en boucles

Le pire dans toute cette histoire est que ces informations, dont ne pouvons authentifier la véracité, tournent en boucle. Il y a toujours des informations à lire sur Twitter concernant le coronavirus. Twitter permet à tout le monde d’exprimer son avis en continu… Tout le monde peut exprimer sa peur et faire circuler les informations vraies ou fausses sans distinction. Et ceci en grosse quantité. Impossible de tout lire sans y passer des heures.

Twitter pour convaincre

Face à la terreur ambiante, des voix s’élèvent pour tenter d’expliquer que nous avons, tout de même, des chances de survie face à ce virus. Parmi ces personnes qui sont plus sereines, il y a des médecins qui partagent leurs savoirs. Pour eux, le constat est simple : il faut rester vigilant mais éviter de paniquer. Peut-être que nous n’aurons pas une pandémie mondiale catastrophique ou peut-être que cela pourrait être maîtrisé de toute façon.

Mais il y a aussi des partisans du « peut-être pas » et leurs paroles noient ceux qui essaient de temporiser. Pire encore, ils vont partager à nouveau des informations probablement fausses pour expliquer que la situation est catastrophique.

Personnellement, je fais partie du clan des « restons calme, on a peut-être une chance en fait » et j’ai tenté de partager des informations des membres de ce clan (comme l’OMS ou ces médecins). Mais je me suis rendu compte d’un phénomène assez curieux. Face aux atrocités qui circulent sur le web, ce message invitant au calme ne passe pas. Logiquement, l’information « Attention, on va tous mourir », qui véhicule une émotion plus forte prime. Pire encore, les personnes tentant d’appeler au calme se font attaquer par les personnes appelant à la panique !

Twitter et ces phénomènes psychosociaux étranges

Twitter nous montre donc ces tendances :

  • « Attention on va tous mourir »
  • « Attendez un peu, ça va peut-être passer »
  • « Vous êtes stupides à ne pas vous inquiéter et vous allez attraper le virus en premier »

Nous avons une croyance de fin du monde très alimentée, confrontée à une croyance que nous avons peut-être une chance. Cette dernière, bien en peine, a des difficultés à se trouver une place. Parce que les gens inquiets tentent de légitimer leurs inquiétudes avec les matériaux divers et variés trouvés sur Twitter. Peut-être que nous pouvons expliquer ceci avec la théorie de la dissonance cognitive. Telle personne s’inquiète, donc il faut qu’elle prouve qu’elle a raison de s’inquiéter et que tout le monde devrait angoisser comme elle. Sinon, cela signifie que sa peur n’a pas lieu d’être.

Twitter est un bien étrange laboratoire

Depuis le début de l’année, Twitter est agité par plusieurs catastrophes comme la Troisième guerre mondiale, l’Australie qui brûle, le crachat de SIDA et le coronavirus. Les utilisateurs de ce site web y expriment leurs frayeurs, et créent une sorte de grand incendie collectif de peur qu’ils alimentent en grosses quantités.

Dans l’idéal, il faudrait un système plus sain qui éteint ce genre d’incendie. Mais empêcher les gens d’exprimer leurs peurs, leurs avis, leurs idées reviendrait à créer une dictature basée sur une pensée unique.

Comment empêcher l’incendie alors ? En luttant contre les fakes news ? Comme elles ont l’air d’avoir plus de poids que les paroles plus sereines, la tâche des modérateurs de Twitter est loin d’être aisée…

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