Twitter : instrument d’éducation, pour le meilleur et pour le pire

Avec le hastag #monpostpartum, je découvre le monde de l’accouchement et de la période post-accouchement. Je suis à la fois ravie d’apprendre autant de choses que je ne savais pas, heureuse que la parole se libère, et terriblement inquiète.

Twitter et la société

Je vous ai beaucoup parlé de Twitter les semaines précédentes, et je vais encore récidiver cette semaine. Mais ce qu’il s’y passe, comme depuis le début de l’année, est important. Au démarrage simple réseau social, ce site est le porteur d’enjeux de société énormes. C’est pourquoi je m’y intéresse aujourd’hui, tant de mon point de vue de webdesigneuse, que de femme au coeur de cette société.

Twitter : un outil d’apprentissage

Sur ce hastag, beaucoup de femmes sont venues expliquer comment s’est passé leur.s accouchement.s et la suite. Elles déplorent aussi le manque de connaissances sur le sujet, sur ce qui les attend pendant le grand jour et après. Savoir quels problèmes peuvent arriver n’empêche pas forcément qu’ils adviennent… Mais cela rassure de le savoir ! Et dans beaucoup de témoignages, les mères n’étaient pas préparées à ce qui allait potentiellement leur arriver. Elles ont accouché, et se sont retrouvées jetées dans la nature sans mode d’emploi ensuite.

Avec ces témoignages, les femmes racontent enfin tout ce qui peut arriver pendant cette période délicate. Elles expliquent, rassurent, montrent le pire comme le meilleur. Face aux commentaires apeurées, certaines dédramatisent, accompagnent. Les termes techniques et les explications sont donnés. Toutes ces informations peuvent aider à se préparer au grand saut.

Mais pourquoi je ne savais pas ça avant ?

Plus jeune, je voulais être infirmière puéricultrice. J’ai donc suivi une partie de la formation en ce sens, avant de me réorienter. Ma grande passion de l’époque : la biologie et physiopathologie humaine. J’étais incollable sur ces domaines. Mais face aux témoignages, je me rends compte que je sais bien peu de choses sur ce qui arrive aux femmes pendant et après l’accouchement. La différence entre ma connaissance du corps de l’époque et mon absence de savoir concernant la grossesse et le postpartum me choque. En plus, je suis une femme. Tout ce que je lis peut m’arriver. Et je ne suis même pas informée. Et les femmes donnant leur.s témoignage.s n’étaient pas au courant non plus. Quelques hommes se retrouvent aussi désemparés au moment-clé, par manque de connaissances, au moment où leur conjointe a besoin de leur accompagnement. Leurs témoignages à tous sont une mine d’or pour tous ceux qui vont bientôt y passer.

Mais pourquoi ne savions-nous donc pas ça avant ? Il y a pourtant un suivi pendant la grossesse. Il y a pourtant plein de femmes autour de nous qui peuvent informer. Pourquoi la transmission d’informations ne se fait-elle pas ? Je ne vais pas réaliser un article à ce sujet, m’éloignant trop du webdesign. Mais là encore, les témoignages peuvent nous donner des idées pour comprendre la situation.

Twitter : un reflet de la société

Les femmes sont censées tout encaisser sans broncher, même ce qui n’est pas utile. Comme le point du mari, pratique barbare qui n’a pas disparu, comme en témoignent les victimes. Elles doivent absolument prendre une péridurale, écouter les conseils de ces soignants qui savent tout mieux qu’elles, sourire, ne pas pleurer, être heureuse avec ce corps en guerre. Une fois à la maison, elles doivent assumer le service après-vente au lieu de mourir, parce que c’est ce qui est attendu d’une femme. Et en plus, elles doivent se remettre très vite, paraître fraîches, et se jeter de nouveau dans le monde social avec ce qui leur reste de corps et d’esprit. Il faut qu’elles « paraissent ». Pire encore, être mère est considéré comme le plus beau moment de sa vie. Quid de tous les côtés les plus terribles ? Personne ne les mentionne ceux-là…

Nous devrions tous savoir tout ça avant

Les femmes comme les hommes. Nous devrions être éduqué à ce sujet et ne pas découvrir ça sur un hastag Twitter. Et même si l’hôpital peut accompagner correctement les parents pour les former à leur vie futur. D’abord parce que vu l’état de la société française en ce moment, je me demande comment les hôpitaux tiennent encore debout. Puis, parce que nous arrivons au monde avec un corps, la moindre des choses serait de savoir ce qu’il va se passer avec. Mais, comme nous l’avons vu avec le manifestant qui a « craché » du SIDA sur un policier (apparemment), c’est loin d’être le cas dans notre système éducatif. Nous pourrions aussi, au passage, apprendre aux hommes à être père pendant cette période. Même si la guerre se passe principalement dans le corps de la femme, qu’ils puissent assurer eux aussi et soutenir ce combat.

Twitter pour libérer la parole

Ce n’est pas la première fois que Twitter est utilisé par une partie de la population pour mettre en lumière un problème de la société. Rappelez-vous le mouvement Me too par exemple. Mais Twitter peut-il devenir un outil pour libérer les femmes du patriarcat et de toutes les inégalités qu’elles subissent ? Personnellement je ne sais pas. Nous savions déjà que le phénomène du point du mari existait. Nous en avions déjà entendu parler. Mais pourtant, cela continue toujours. Les mentalités n’ont pas changé de ce côté-là. Et la souffrance des femmes pendant l’accouchement et après pose encore problème malgré les polémiques de ces dernières années.

Alors je ne sais pas si Twitter peut aider ses utilisateurs à changer totalement la société pour construire un monde meilleur. En revanche, au niveau plus individuel, les individus se soutiennent, s’expriment, échangent. Grâce à toutes ces explications, j’espère que des femmes et des hommes partiront un peu plus équipés sur la voie de la parentalité. Peut-être que nous ne pourrons pas changer la société tout de suite. En revanche, Twitter change les gens. Et peut-être qu’un jour, suffisamment de personnes auront évolué.

Pour conclure, je ne peux que remercier toutes ces personnes qui témoignent. J’espère que votre témoignage nous permettra à tous d’avancer. Merci.

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